À l’approche des fêtes de fin d’année, période propice aux excès, Addictions France révèle les résultats d’une enquête menée avec BVA Xsight sur la consommation d’alcool des mineurs. Les chiffres de cette enquête mettent en lumière l’ambivalence des Français vis-à-vis de la consommation d’alcool des adolescents.

La consommation d’alcool : une norme sociale solidement ancrée

Lorsqu’on les interroge, plus de la moitié des Français (57%) affirment avoir déjà proposé à un mineur une boisson alcoolisée (vin, bière, champagne) ou un produit non alcoolisé pouvant rappeler une boisson pour adultes (Champomy, cocktail sans alcool, bière sans alcool). Si les versions sans alcool sont majoritaires, elles sont néanmoins le reflet d’une société dans laquelle on ne peut faire la fête ou célébrer un heureux évènement sans alcool (ou son substitut non alcoolisé).

Conséquence de cette banalisation, près d’un quart des Français (24%) déclare avoir trop bu ou été ivres devant un adolescent au moins une fois dans l’année, dont 7% au moins 1 fois par mois. C’est davantage le cas des parents qui sont 30% à indiquer avoir déjà trop bu ou été ivres devant leur adolescent au moins une fois dans l’année. Peut alors apparaitre une forme de double discours sur l’alcool rendant moins légitimes, aux yeux des adolescents, les conseils de prudence, voire interdits, posés par leurs parents.

Une initiation le plus souvent en famille

L’initiation en famille est significative avec 4 parents sur 10 ayant déjà fait goûter de l’alcool à leur enfant. Lorsqu’elle a lieu avant 18 ans, cette expérimentation en famille commence en moyenne à l’âge de 14 ans et dans 6% des cas avant 13 ans.

La consommation d’alcool des adolescents de 15 à 17 ans est ainsi jugée acceptable dans un contexte familial ou festif par 55% des Français, et 46% des parents d’adolescents.

L’alcool s’avère cependant moins toléré pour les adolescents de 13 à 14 ans, même si cette consommation dans un contexte familial ou festif est considérée comme acceptable par 32% des Français et 22% des parents.

La nécessité d’une prise de conscience collective à l’approche des fêtes de fin d’année

Alors que plus de 80% des Français connaissent les risques de l’alcool pour la santé des adolescents dans le cadre d’une consommation régulière, ces risques sont sous-évalués lorsqu’il s’agit d’une consommation occasionnelle : dans ce cas, seuls 38% des Français et 45% des parents estiment que les risques sont élevés.

La vente d’alcool aux mineurs : un comportement jugé inacceptable par l’opinion publique

Alcool et tabac présentent des risques sanitaires et sociaux importants, en particulier pour les plus jeunes. Afin de protéger ces derniers, la loi interdit la vente aux mineurs de ces produits à risque.

D’après l’enquête BVA Xsight pour Addictions France, les Français estiment, de manière quasi-unanime, que le non-respect de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs est inacceptable (92%), en particulier les parents d’adolescents de 13 à 17 ans (94%). Pour 90% des personnes interrogées (et 94% des parents d’ados), les contrôles et les sanctions à l’encontre des établissements ne respectant pas l’interdiction de vente aux mineurs doivent être renforcées. Ils en font la priorité numéro 1 pour réduire ou retarder la consommation d’alcool des mineurs, devant la sensibilisation aux risques ou l’interdiction des publicités pour l’alcool sur les réseaux sociaux (respectivement 2ème et 3ème priorités déclarées).

> Découvrez l’infographie de l’enquête.

> Accédez au dossier de presse d’Addictions France

*Enquête en ligne réalisée du 10 au 19 octobre 2023 auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 Français âgés de 18 ans et plus et d’un sur-échantillon de 500 parents d’adolescents de 13 à 17 ans, selon la méthode des quotas. Au total, 1500 personnes ont été interrogées, dont 608 parents d’adolescents de 13 à 17 ans.