De prime abord, les Français sont plutôt favorables à la baisse des dépenses publiques…

Face à la hause du déficit public et à la baisse des prévisions de croissance, le tournant de la rigueur annoncé par le gouvernement en matière de dépenses publiques ne suscite a priori pas de lever de boucliers dans l’opinion : 48% des Français estiment que c’est plutôt justifié au regard de la situation économique de la France et de la dette ; quand seulement 34% considèrent que ce n’est pas justifié au regard des besoins de financement des services publics (18% ne se prononcent pas, le sujet étant technique).

Ces perceptions sont logiquement liées au positionnement politique des répondants : 52% des sympathisants de gauche affichent leur opposition et considèrent que ce n’est pas justifié, tandis qu’à l’inverse 68% des sympathisants de droite approuvent la démarche et jugent le plan d’économie justifié.

… mais quand il s’agit d’identifier les domaines dans lesquels opérer des coupes budgétaires, les réticences sont très nombreuses

Mais quand on pousse le réflexion un peu plus loin en leur demandant, domaine par domaine, si la baisse des dépenses publiques leur parait acceptable, les jugements des Français sont pour le moins contrastés… voire franchement différents de ce qu’ils affichent a priori.

  • Ainsi, dès qu’on aborde le sujet de la santé (60%) ou de la sécurité sociale (51%), une majorité de répondants se montrent hostiles à une baisse des dépenses, jugeant que ce n’est pas justifié au regard des besoins de financement en services publics.
  • Les réticences sont fortes également dans le domaine de l’éducation (59%).
  • Même constat sur la sécurité (54%) et la défense (51%).
  • Les jugements sont un peu plus partagés sur l’environnement (49%) et le logement (49%) mais là aussi c’est une majorité relative qui s’élève contre la baisse des dépenses à venir.
  • Finalement, seul un sujet suscite mois de crispations, le chômage. 44% jugent une réduction budgétaire dans ce domaine plutôt justifiée au regard du contexte, contre 41% (tout de même) qui sont de l’avis inverse et considèrent cela injustifié.

De ce point de vue, le choix de Gabriel Attal de focaliser l’attention sur le chômage – qui touche directement moins de Français et suscite beaucoup moins de réticences, de nombreuses personnes dénonçant régulièrement dans nos enquêtes une logique « d’assistanat » – s’avère être un moyen habile d’aborder le sujet et de contourner la contestation.