Un intérêt en demi-teinte pour les élections européennes

Si désormais, une grande partie des Français sait que les élections européennes auront lieu en juin prochain (84% ; +7 par rapport à fin avril), l’intérêt qu’ils portent à l’événement reste relativement limité (62%; -2) au regard de la proximité du scrutin.

L’intention de participer au scrutin demeure également contenue, avec moins d’un Français inscrit sur les listes électorales sur deux se disant absolument certain d’aller voter (45%), en recul de 3 points par rapport à notre dernière mesure. Pour rappel, la participation lors des européennes de 2019 était de 50,12%.

Intentions de vote : consolidation de l’avance du Rassemblement national

Avec 31% d’intentions de vote (stable par rapport à fin avril), la liste conduite par Jordan Bardella continue de faire largement la course en tête. Ses principaux atouts se trouvent confortés à 3 semaines du scrutin :

-Les électeurs potentiels du Rassemblement national sont très sûrs de leur choix (92%)

-Le ressort du vote sanction à l’égard du gouvernement reste très élevé (72%), ce qui en fait un facteur de mobilisation significatif

-La figure de Jordan Bardella constitue toujours un motif fort du vote (28%), mais sans qu’on ne puisse l’y réduire puisque 37% sont également motivés par ses propositions

-La liste RN fait quasiment le plein des électeurs de Marine Le Pen de 2022 ayant l’intention de voter (86%)

Valérie Hayer conserve une réelle avance sur Raphaël Glucksmann

La liste conduite par Valérie Hayer reste stable (17%), 4 points devant celle de Raphaël Glucksmann (13%), stable également. Dans notre enquête, on n’observe pas de dynamique à la hausse pour le leader de la liste Place Publique/PS, qui pourrait laisser entendre un « croisement des courbes » avec la liste de la majorité présidentielle, même si les résultats restent dans la marge d’erreur. Ce d’autant plus que les électeurs potentiels de Valérie Hayer semblent davantage sûrs de leur choix que ceux de Raphaël Glucksmann (85% contre 78%).

Une sûreté du choix que l’on ne retrouve pas chez les électeurs potentiels de EELV (46%), ce qui explique sans doute le score un peu en dents de scie de la liste, qui peine à conforter son assise : avec 6,5% des intentions de vote (-1,5), la liste est de nouveau dépassée par celle de la France insoumise (8%; +1,5), dont le noyau dur se consolide (79% sont sûrs de leur choix).

François-Xavier Bellamy et Marion Maréchal sont désormais à égalité

Déjà très proches lors de notre précédente vague, les deux listes sont désormais à égalité (6%), mais les électeurs LR semblent davantage sûrs de leur choix (89%) que ceux de Reconquête (71%). Dans les deux cas, la figure de la tête de liste, François-Xavier Bellamy et Marion Maréchal – est un motif significatif du vote.

La situation au Proche-Orient n’est pas un levier fort du vote, y compris pour les électeurs de LFI

Même si le conflit entre le Hamas et Israël inquiète une forte proportion de Français (67% – mais moins que la guerre en Ukraine – 73%), ce sujet ne constitue pas un élément dont les répondants tiendront véritablement compte le 9 juin prochain : 40% disent que cela aura un impact important, mais seulement 15% « très important ». En comparaison, les thématiques sociales et sécuritaires jouent un rôle plus fort à leurs yeux : le pouvoir d’achat (59%), la sécurité (57%) et la santé (56%) demeurent ainsi les trois principales thématiques dont ils tiendront « beaucoup » (et plus) compte. La situation internationale pèse clairement moins dans les esprits que les préoccupations nationales. Et parmi les enjeux internationaux, la guerre en Ukraine semble trouver un peu plus d’écho que le conflit au Proche Orient : les Français sont en effet un peu plus nombreux à dire qu’ils tiendront compte du conflit en Ukraine (47%, dont 19% beaucoup).

A noter : la stratégie de focalisation de la campagne sur la situation au Proche Orient de la part de La France insoumise ne semble pas véritablement porter ses fruits, du moins aujourd’hui. La liste conduite par Manon Aubry, même si elle progresse légèrement, demeure sous la barre des 10% d’intentions de vote et même chez ses électeurs potentiels, le conflit au Proche Orient aura une faible importance (22% seulement indiquent que cela aura un impact « très important »). Là encore, ce sont les thématiques sociales qui dominent, et de loin, dans leurs motivations de vote.

Si le conflit entre Israël et le Hamas suscite chez les électeurs LFI une nette inquiétude (86%, dont 50% de « très inquiets ») et qu’ils sont beaucoup plus nombreux qu’en moyenne à penser qu’on n’en parle pas assez (43% contre 20% en moyenne), il ne s’agit donc pas d’un thème mobilisateur – du moins pour ces élections européennes.

 

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