L’absence d’Emmanuel Macron lors de la manifestation contre l’antisémitisme ne lui porte pas du tout préjudice

  • Alors que de nombreuses personnalités ont dénoncé l’absence du président de la République à la marche contre l’antisémitisme du dimanche 12 novembre, force est de constater que pour les Français, il s’agit d’un non-événement : la cote de popularité du chef de l’Etat évolue même très légèrement à la hausse (34%; +2) par rapport au mois dernier.

Stabilité pour Elisabeth Borne

  • La cote de popularité de la Première ministre est relativement stable par rapport au mois dernier (32%; +1), 67% des Français (-1) en ayant une mauvaise opinion. Là aussi, on ne voit aucune référence à la manifestation à laquelle elle, avec son gouvernement, a participé. En définitive, sa cote de popularité s’inscrit toujours dans le droit sillage de celle du Président.

Défections des partis d’opposition aux rencontres de Saint-Denis : des sujets institutionnels qui intéressent pourtant les Français

  • Leur souhait de transformation radicale des institutions progresse de façon nette depuis 2018 : 54% veulent qu’on les réforme en profondeur, soit 8 points de plus qu’en 2018. 37% souhaitent qu’on les adapte mais sans les modifier de façon radicale (-10) et seulement 8% (+2) qu’on les maintienne en l’état.
  • Dans le détail, tout ce qui tourne autour du référendum suscite des niveaux d’adhésion très élevés, notamment la possibilité de pouvoir réaliser un référendum sur des sujets de société (88%). D’ailleurs, si de tels référendums devaient être organisés, ils susciteraient un intérêt certain puisque la quasi-totalité des Français déclarent qu’ils y participeraient, dont une majorité l’affirme « de manière certaine » ; et ce qu’il s’agisse de la fin de vie (85% iraient, dont 58% « certainement »), de l’immigration (86%, dont 60%), de la sécurité (89%, dont 63%), de l’éducation (87%, dont 59%) ou de l’environnement (82%, dont 52%).
  • Notons également que le fait de donner aux citoyens l’initiative de l’organisation d’un RIP (82%) ou la baisse du nombre de signatures nécessaires à sa mise en place (71%) enregistrent des niveaux d’adhésion très importants.

Un désamour de plus en plus important des élus, y compris les maires

  • Cette appétence pour la démocratie directe s’accompagne d’un éloignement significatif à l’égard des élus : toutes les mesures en faveur de ces derniers suscitent une opposition catégorique des Français, qu’il s’agisse de la réintroduction du cumul des mandats (70%) et surtout de toute idée d’augmenter leur rémunération (81%). La confiance accordée aux députés (36%) et aux sénateurs (36%) est par ailleurs très limitée.
  • Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il touche désormais de plus en plus les élus locaux, jusque-là relativement épargnés. Ainsi, seuls 55% des Français font confiance aux conseillers départementaux et régionaux et si on devait limiter leur nombre, 78% n’y verraient aucun inconvénient.
  • Les maires continuent de bénéficier d’un capital sympathie plus élevé (77% leur font confiance) mais ces derniers sont loin de faire l’unanimité et les critiques à leur égard sont nettement plus prononcées qu’en 2020, juste avant les élections municipales. Aujourd’hui, seuls 62% des interviewés déclarent être satisfaits du travail de leur maire, soit 9 points de moins qu’il y a 3 ans.